Axxam        Isefra        Tira        Leqdic nniḍen       Imdukal-iw        Taddart-iw

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Idjeur

L’association Alma Iguersafene célèbre la journée mondiale du Théâtre

En hmmage à Mohia

 

Très connue pour sa section de théâtre qui renferme 25 comédiens dont cinq filles, l’association culturelle a commémoré samedi dernier la journée mondiale de Théâtre qui a drainé plusieurs dizaines de spectateurs et spectatrices qui ont applaudi àtou t rompre les représentations des troupes Kerrad Rachid de Tizi-Ouzou et la troupe locale Tagmi.

 

Le programme concocté par l’association a été à la hauteur de l’événement  puisqu’un hommage a été rendu au dramaturge et poète Mohia. Et ce n’est pas un hasard si l’événement a eu comme hôte un invité de marque en la personne de Taguemout Mokrane, dramaturge et ami de Mohia qui a participé au parachèvement de l’adaptation de la pièce de Molière Les

Fourberies de Scapin.

Mokrane Taguemout a présenté dans ce cadre une conférence-débats sur la problématique du théâtre d’expression berbère partant de l’expérience

de Mohia qui a puisé dans le répertoire universel dans l’adaptation

théâtrale partant du postulat que l’on y retrouve la sagesse et la réalité

kabyles dans toutes ces oeuvres.

L’hôte d’Iguersafene a raconté comment les idées fusaient lors des travaux

de l’atelier de production dirigé par Mohia, abrité par un réduit de 6 m2. Très rigoureux dans le choix des concepts, Mohia qui exhortait les scénaristes à l’adaptation estimait que l’on n’était pas encore arrivé au stade de la création au sens artistique du terme, l’écriture de Molière  arrivant après des siècles de civilisation et d’histoire.

De ce point de vue, le conférencier prévient la tentation de verser dans

l’imitation qui reviendrait à dénoncer une bêtise par une autre.

Il est à noter que la troupe théâtrale d’Iguersafene, riche d’un long parcours

artistique, a été de toutes les manifestations régionales, ce qui lui a permis de décrocher le premier prix du concours national de théâtre Malek Bouguermouh en 2003 à Ighzer Amokrane.

 

Article paru au journal de la depêche de kabylie, Mardi le 03 avril 2012, par M.O.B.


Le village Iguersafène rend hommage à la femme

L’association Alma du village Iguersafene dans la commune d'Idjeur a rendu, vendredi dernier, un hommage grandiose à la femme à l'occasion de la célébration de sa Journée internationale décalée à hier pour des raisons de calendrier, selon les organisateurs. Pour réussir leur pari d'honorer comme il se doit la femme, en général, et la femme d'Iguersafene, en particulier, les membres de l'association dont, la section féminine s'illustra par un formidable travail de proximité, ne lésinèrent sur aucun moyen. Outre une riche exposition d'objets traditionnels œuvres des femmes du village et des jeunes artistes de l'ERBA sur la thématique de la femme, les visiteurs ont été conviés à une visite guidée du somptueux site qui a abrité les festivités. Le sacrifice des anciennes du village à travers leur engagement total aux côtés des hommes pendant la Révolution est ainsi judicieusement mis en exergue par la manifestation mise sur pied au niveau de l'enceinte de la stèle et du musée où les visiteurs purent se renseigner sur les 99 veuves de chahids, les moudjahidate et les moussebilate de cet illustre village, entièrement incendié par l'armée coloniale le 4 décembre 1956, expédition punitive suivie de l'emprisonnement de 65 jeunes à Berrouaghia. Toute cette gloire a été chantée à l'unisson par la chorale féminine traditionnelle du village. Ce sont tous ces sacrifices que les trois conférenciers, Dahoumane, Arezki Hamoum et Mohand Messaoudene, mirent en exergue lors de la conférence débats qui s'articula aussi sur la situation actuelle de la femme, ses espoirs et son combat dans une société encore marquée par les préjugés. Le chanteur Mohand Ahitous employa ainsi toute sa verve artistique pour louer les mérites et les sacrifices de la femme algérienne, en général, et d'Iguersafène, en particulier, qui, après avoir tenu convenablement son rôle durant la guerre de libération, s'emploie aujourd'hui à relever les défis de la femme moderne. Rendez-vous est donné à la prochaine édition de la célébration de la Journée mondiale de la femme que l'association Alma promet de fêter tant que la femme n'aura pas conquis tous ses droits.

M.O
.Mardi le 15 mars 2011
.Le lien de l'article

 

Le village Iguersafene fait un triomphe à la femme


L’association culturelle ALMA du village Iguersafene a rendu vendredi un vibrant hommage aux femmes à l’occasion de la journée internationale du 8 mars décalée à des fins de commodité. Forte de la précieuse aide de sa section féminine, et aidée en cela par un climat clément, ALMA a mis tous les atouts de son côté pour réussir la fête marquée par une forte présence féminine qui s’est affirmée en cette occasion.        Un imposant site a été réservé à la cérémonie. Il comprend l’enceinte de la stèle, théâtre d’une imposante exposition plantée autour d’une fontaine qui a arrosé généreusement cette journée d’une eau limpide descendue tout droit du massif de l’Akfadou qui veille sur les lieux. Sur la thématique de la femme, l’exposition des élèves de l’école régionale des beaux arts d’Azazga a drainé beaucoup de visiteuses qui sont tombées sous le charme de cette peinture qui convoque l’art dans toute sa splendeur. 

Au musée d’histoire, les étrangers à la région ont pu s’imprégner du fabuleux combat de ce village martyr qui compte 99 martyrs, bien plus que le nombre total des chouhadas de certaines wilayates!     Les portraits des 99 veuves de chahids et des nombreuses femmes ayant participé à la révolution comme moudjahidates ou moussebilates  trônent allégrement au musée de ce village qui possède une histoire riche, écrite du sang des martyrs. 

    Iguersafene a été entièrement bombardé et incendié  par l’aviation coloniale le 4 décembre 1956 en signe de représailles contre le village qui a rejoint massivement le maquis et dont 65 des siens ont été emprisonnés à Berrouaghia. Dans ces actions guerrières et héroïques du village les femmes ont aussi leur part d’activisme à l’image de la figure de proue la moudjahida et veuve de chahid Amrane Zohra  qui a activé sous la houlette de Krim Belkacem, Mohand Oulhadj et Si Abdellah. Cheville ouvrière dans les réseaux des poseurs de bombes, elle avait à son actif plusieurs actions spectaculaires qui ont ébranlé l’occupant en faisant de nombreuses victimes dans ses rangs.     Au programme de la manifestation, les femmes d’Iguersafene ont figuré en bonne place avec ces expositions sur la robe kabyle et la couture broderie ainsi que sur la coiffure. Les jeunes filles d’Iguersafene pratiquent les arts martiaux, font du théâtre, du dessin et beaucoup d’activités qui singularisent la femme moderne. 

    La conférence-débats mise sur pied par les organisateurs sur le thème de la femme en général a été ainsi l’occasion aux conférenciers Mrs Dahoumene, Hammoum Arezki et l’éminent chercheur en forêt le docteur Mohand Messaoudene , enfant du village, pour pousser les débats jusqu’à aborder des sujets d’un intérêt primordial pour l’avenir de la femme et sa place dans la société.     Le chanteur Mohand Ahitos, qui compte parmi les meilleures voix kabyles, a d’ailleurs rendu un hommage mérité à la femme dans des vers de sa composition élevant celle-ci au rang qui lui sied dans une société pas facile à vivre. 

    A la fin de ma cérémonie, toutes les femmes présentes ont eu droit à une rose offerte par les organisateurs qui promettent d’honorer chaque année la femme dans toute sa dimension et sa splendeur.
 

.Salem Hammoum
.Samedi le 12 mars 2011
.Le lien de l'article

 




Iguersafène : Premier novembre à l’école primaire du village

La célébration du premier novembre a été particulièrement faste au village d’Iguersafène. Outre la riche l’exposition qui est organisée au musée du chahid du village, la préparation de ce 54ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération a été ponctuée par un délicieux déjeuner au couscous, sauce de légumes et viande. 
La joie de tous les villageois à l’image des enfants (voir photo) a atteint son comble.
Le village d’Iguersafène, entièrement brûlé en 1958, montre aujourd’hui un nouveau visage. Beaucoup de projets de développement ont transformé le village. 
Le chef lieu de la commune d’Idjeur, une cité de plus de 4000 habitants, offre un visage réellement enchanteur.
Un grand bravo au comité du village.

.Kaci Kamal
.10 nouvembre 2008. / Le lien de l'article




Vie communautaire en Kabylie : l’exemple d’Iguersafène

Le village Iguersafène, situé au pied de l’Akfadou, dans la commune d’Idjeur, gère les affaires de la cité à la manière d’une entreprise, voire d’un micro-Etat. Son siège est pourvu d’un fichier informatisé, et les statistiques, la comptabilité et l’état d’avancement des travaux initiés en assemblée sont tenus à jour par des secrétaires bénévoles. Le local sert aussi de lieu de réflexion sur le développement.

S’inspirant de traditions égalitaristes, la structure socioculturelle de ce village arbore l’accaparement du pouvoir personnel.

Le respect des règles de vie communautaire, de l’urbanisme et de l’environnement éloignent tout problème de promiscuité. Les fléaux sociaux sont quasiment inexistants, selon les citoyens du village, où le recours à la justice officielle n’intervient qu’en dernier ressort. Les caisses du village sont également alimentées par l’émigration organisée en conséquence. L’organisation n’ambitionne pas de se substituer à l’Etat. Cependant, le sentiment d’abandon par les pouvoirs publics provoque la colère des citoyens qui se sentent livrés à eux-mêmes. Ils citent moult projets de développement lancés et réalisés par leurs propres moyens. Ceux de l’AEP qui a coûté près de 1,5 milliard de centimes et du musée du chahid et du moudjahid ainsi que de la stèle érigée à la gloire de 99 martyrs du village pour 250 millions en sont les plus illustratifs.

Situé dans une zone géostratégique, Iguersafène, qui a célébré le 4 décembre dernier le 46e anniversaire de son incendie par l’armée coloniale en signe de représailles contre son refus de la paix des braves, a, en effet, payé un très lourd tribut durant la Révolution. Bombardé par l’aviation et pilonné par l’artillerie, le village a été détruit complètement.

La répression fut terrible, selon les témoignages. La population a été évacuée après avoir failli être brûlée vive en amont du village et 70 prisonniers furent dirigés vers Berrouaghia. C’était au lendemain de l’attaque du camp militaire et de la montée collective au maquis de 77 jeunes dont 45 avec armes et bagages. La quête d’identité et d’épanouissement de la jeunesse s’exprime par le sport et la culture.

La troupe théâtrale amateur d’expression amazighe, après avoir abrité un festival régional, s’en est allé conquérir le premier prix du festival national Malek-Bouguermouh à Ouzellaguen alors que la chorale fait parler d’elle. Iguersafène fut aussi le premier village algérien à revendiquer publiquement au début des années 1970 sous le régime de Boumediene la démocratie et le droit à une vie meilleure.

C’était à l’occasion d’une mémorable manifestation ayant abouti au blocage de l’ex-APC mère. Aujourd’hui encore, ce village offre l’image de tous les symboles...

.Salem Hammoum

.Le Soir d’Algérie du 1er janvier 2004. / Le lien de l'article
 


IGUERSAFENE,
Le village aux 99 martyrs oublié des pouvoirs publics


Au pied de l’Akfadou, le village d’Iguersafène est érigé sur les ruines de l’ancien village entièrement rasé et incendié par l’armée coloniale un certain 4 décembre 1957, à l’issue d’un pilonnage systématique de l’artillerie et de bombardements ininterrompus de l’aviation ponctués par une expédition punitive sur les hommes et les femmes qui ont miraculeusement échappé au bûcher.
Aujourd’hui, le village martyre prend sa revanche sur le sort et, dirait-on, sur les hommes en dressant fièrement ses façades de pierre blanche sur ce qui fut il y a un peu plus de quatre décennies un paysage fantôme. Mais le lourd tribut payé pour la Révolution par ce village avec ses 99 martyrs, ses veuves et ses dizaines de blessés et de handicapés “est jeté dans les mémoires oublieuses des autorités qui tournent le dos au village ne se rappelant de son existence qu’en des circonstances festives sur fond de promesses jamais tenues”, s’indignent les villageois, à leur tête le président du comité M. Hammache, ex-membre de l’organisation des enfants de chouhadas de la wilaya de Tizi Ouzou. Réalité à laquelle s’est réveillé le village qui, las d’attendre l’aide providentielle de l’Etat, a décidé de prendre en main sa destinée en s’érigeant en véritable Etat autonome dans toutes les opérations de développement. Et si aujourd’hui le village ressemble à bien des égards à une ville, il le doit à ses seuls enfants et à personne d’autre.

Un village géré comme un Etat.
Iguersafène dispose d’un bureau doté de l’outil informatique renfermant le fichier et toutes les données statistiques du village. Sur le mur les portraits de Mohamed- Boudiaf et du lieutenant Chelah Mohand, chef de zone dont le buste est exposé au chef-lieu à côté des colonels Amirouche et Mohand Oulhadj ses compagnons d’armes, côtoient ceux de Slimane Azem, Matoub Lounès et Raâb Slimane martyr du Printemps noir fauché par la balle d’un gendarme un certain 12 mai 2001 et enterré dans l’enceinte de l’APC. Le planning mural renfermant les 2 800 noms issus des sept familles de base que sont les Imardjanene, Athouravah, Ivakhouchène, Iksouyene, Izaniaine nous fait penser que nous sommes dans une administration étatique. Soigneusement tenus à portée de main les dossiers contenant les différents registres classés dans l’ordre facilitent la gestion des affaires courantes du village qui dispose également d’un fichier spécial émigrés organisés en structure bicéphale en France (Paris et Marseille). Vecteurs essentiels du développement de la localité leurs cotisations mensuelles varient entre 1,25 euro à 5 euros par personne. Elles sont doublées dans le cas où le village entame un projet. On y trouve également des listes par catégories sociales aidant à l’identification des nécessiteux, le parc auto, et tout ce qui est de nature à être mobilisé d’urgence en cas de nécessité. Une carte géographique du village avec tous les repères topographiques du territoire du village a été élaborée pour maîtriser l’urbanisme, la construction et l’environnement. A quelque chose malheur est bon semble dire à ce propos le président du CComité du village qui affirme que c’est l’Etat qui a poussé le village à s’organiser en le marginalisant. L’eau coule à flots dans les 464 maison d’Iguersafène après plusieurs années de disette de gorge sèche. De guerre lasse le village a pris en main les choses pour mettre fin au syndrome du jerrican et des chaînes interminables devant des fontaines taries. Mais il a fallu ramener l’eau à 1,800 km du village à travers le maquis et les pentes abruptes sur un itinéraire forestier. Un projet colossal réalité en un temps record de huit mois qui a coûté au village la bagatelle de deux milliards cinq cent millions de centimes. Seuls 17 % du coût du projet ont été pris en charge par l’Etat. “Une misère” estiment les villageois. L’eau distribuée gratuitement, n’est rationnée qu’en été où les familles ont droit à 80 litres d’eau par personne. Passé ce quota, l’excédent lui sera comptabilisé suivant un barème arrêté par le village. Un agent procède à des relèvements trimestriels sur les compteurs dont l’abonnement est fixé symboliquement à 25 DA.

Des bouches d’incendie dans chaque quartier.
Fait unique dans les annales villageoises, iguersafène a installé de bouches d’incendie dans les endroits névralgiques compte tenu de sa proximité avec la forêt. Les pompiers s’en servent pour éteindre les fréquents feux de forêt. En sus du tronçon de 7 km pris en charge par l’Etat dans la réalisation d’une piste agricole, le village a ouvert une piste ayant nécessité 10 jours de bulldozer pour ceinturer le village et ériger un ouvrage pour 60 millions de centimes afin de rallier le nouveau cimetière public qui fait penser par son architecture et son entretien aux cimetières étrangers. Erigé sur une superficie de 3 hectares il est doté d’une salle de prière de 200 m2, de salles d’eau, d’allées bétonnées et boisées et d’une clôture en dur surélevée de grillage. Encore en construction il a coûté au village 600 millions.

Une constitution pour le village.
Elaborée en octobre 2001 sous forme de mémorandum, la Constitution du village cerne tous les aspects organisationnels de la cité. Les 12 chapitres (assemblées générale, enterrements et obsèques, AEP, bassins et fontaines, cotisations, social, convocations, AEP bis, fêtes et cérémonies, inventaire et logistique, rôle de l’agent social, travaux et volontariat) sont régis par 74 articles de loi qui sont amendés en cas de nécessité. Les chefs de famille (teman) choisis parmi les plus sages des “ichermas” épaulent et conseillent “l’amin”, en l’occurrence le président du comité de village choisi en assemblée par ses pairs et de manière consensuelle. C’est le garant de la Constitution du village qui a affiché bien en évidence la Déclaration universelle des droits de l’homme dans le bureau attenant à la mosquée. Toutes les décisions sont prises en assemblée. La discipline librement consentie dans ce village de 2 800 habitants qui vivent tous en parfaite harmonie se répercute positivement sur les relations inter-familiales absorbant et tuant dans l’œuf toute velléité. Le village a pu maîtriser et survivre à la seule véritable crise qui l’a secoué durant la décennie noire. Mieux encore elle a permis par la suite de ressouder les rangs et de renforcer l’unité du village puisque aucun incident n’est venu altérer les liens fraternels entre les individus. Ce qui a fait dire aux villages voisins, selon un habitant, “que c’est une simulation de crise destinées à mettre à l’épreuve l’environnement et débusquer les malintentionnés en cette circonstance”. Au bout de 40 jours les tombes sont construites de manières uniforme par le village dans un parfait alignement. “Ce qui permet l’égalité devant la mort”, ironise un jeune. Plusieurs autres projets secondaires ont été réalisés aux frais du village qui dispose de deux mosquées. Hasard géographique, le village a bénéficié de 512 lignes téléphoniques. Ce n’est pas une faveur, s’exclament les villageois, “c’est par accident et de par sa proximité avec le chef-lieu comme bon nombre de localités de la région”. Mais il a fallu une intervention en haut lieu car le projet aurait connu des tentatives de sabordage, susurre-t-on.

Une stèle et un musée de 200 millions.
“Notre village est classé premier au niveau wilayal et le 3e au niveau national en nombre de chahids après deux villages de Batna considérant le nombre d’habitants”, s’enorgueillit un jeune. Pour les honorer le village a érigé une stèle entourée d’un espace vert de 1 000 m2, d’allées bétonnées arrosé par un jet d’eau et un musée de trois salles très fourni en données historiques et archives. A côté des ouvrages historiques, on peut y lire l’histoire du village écrite en lettres d’or et s’émouvoir devant les photos des chouhadas, des 45 moudjahidine descendus armes à la main après l’indépendance, des membres de l’OCFLN et des veuves de chahid. Le tout a coûté au village 200 millions de centimes. Ce n’est pas une construction de prestige, souligne le président du comité de village. C’est une parade à ceux qui veulent nous les faire oublier. Ils oublient que le village a failli être anéanti n’était un heureux concours de circonstances. Le commandant d’une troupe héliportée est arrivé au moment où les hommes valides du village allaient être brûlés vifs par les soldats de l’armée coloniale qui venaient de perdre trois des leurs dans un accrochage non loin du village. Craignant un scandale et des retombées médiatiques, il épargna miraculeusement leurs vies pour les emprisonner à Berrouaghia. D’ailleurs le village était dans une telle désolation à l’indépendance que la préfecture de Tizi-Ouzou a dirigé sur le village une mission humanitaire danoise venue assister les populations kabyles les plus éprouvées durant la révolution. L’engin tout terrains une Land Rover cédé au village par les hommes du Nord a été mis par la suite à la disposition de l’APC de Bouzegène dont dépendaient alors les localités d’Idjeur.

Farouche résistance au terrorisme.
Le terrorisme n’a pas épargné la région d’Idjeur qui déplore quelques victimes. Le chef-lieu a été le théâtre d’une incursion qui a fait date dans les annales de la région en 1994. Le village Iguersafène qui pratique l’Islam des ancêtres et veille à la sauvegarde des valeurs traditionnelles (l’imam natif du village y exerce depuis 32 ans, ouvre et clôture les assemblées) n’a pas cédé aux menaces terroristes durant la décennie noire. Il lui a même livré combat suite au vol d’un camion. Dans la base terroriste du lac Noir à Akfadou, ils ont découvert un charnier et plusieurs engins volés aux citoyens et entreprises. Du trou creusé dans la terre surmonté d’un tronc d’arbre sur lequel est arrimée une corde servant de monte-charge se dégageait une odeur pestilentielle. C’est là qu’ils jetaient leurs victimes après les avoir atrocement mutilés, raconte un témoin du ratissage. Sur un cadavre décapité ils ont trouvé une casquette portant l’inscription “Azeffoun”. Le village n’a jamais été impressionné par leurs démonstrations de force dans la région qui a vécu à l’époque plusieurs incursions terroristes. Gardé telle une citadelle jour et nuit, il constitua une forteresse infranchissables aux groupes armés tentés de le visiter, selon les aveux d’un repenti aux villageois. Mais dans leur imagination seulement car ils n’ont jamais osé passer à l’action sachant ce qui les attendait...

Les fêtes entre traditions et modernité.
La gestion des cérémonies et fêtes familiales est prévue dans le règlement intérieur du village qui, respectueux des vœux et libertés des familles, leur laisse toute latitude dans la façon d’organiser leurs fêtes. On ne leur oppose aucune restriction s’ils se conforment aux lois régissant les cérémonies. Tout le village est invité au repas composé d’un couscous traditionnel avec viande et souvent d’un dessert. Les mariés reçoivent des cadeaux spécifiques de leurs amis et des proches et de “lebna”, contribution alimentaire en œufs, sucre ou équivalent en argent de tous les foyers dans un rite qui ne déroge pas à la règle. Le soir venu, hommes, femmes et enfants se retrouvent devant une scène placée dans une place publique pour assister au gala. Des chants et danses qui durent jusqu’à l’aube au rythme de la ghaïta et du tbel mais aussi et surtout des rythmes assourdissants d’un orchestre accompagnant les chanteurs professionnels ou amateurs. Le tout dans un ordre parfait qui ne trouble en rien la mixité qui prévaut dans les fêtes de la région. Les étrangers au village non invités à la fête sont gentiment reconduits aux portes du village.

La solidarité n’est pas un vain mot.
Recensés sur un fichier, les nécessiteux et les démunis du village font l’objet de toutes les attentions. En toute circonstance ils bénéficient de dons en nature et en espèces du village et de particuliers qui font leur geste dans le plus grand anonymat. C’est le cas durant le Ramadhan et l’Aïd. On ne les oublie jamais durant les fêtes familiales. Avec les personnes âgées et les malades, ils reçoivent à domicile leur part de couscous et de viande. La solidarité touche également les nécessiteux entamant un projet de construction, BTV, la chaîne française à thématique berbère qui traversait une phase difficile de son existence a également été touchée par la solidarité du village jaloux de sa culture. Le téléthon organisé pour la circonstance a permis de collecter seize millions de centimes. Les aides concernent aussi les élèves nécessiteux à la veille de la rentrée. La jeunesse est encadrée et accompagnée dans tous ses projets culturels et artistiques.

Une troupe théâtrale mixte plusieurs fois primée.
L’association culturelle créée en 1989 constitue la fierté du village qui revendique son identité séculaire confisquée. La troupe de théâtre mixte a été primée à maintes occasions. Le village qui a organisé et abrité à ses frais trois festivals régionaux du théâtre amateur a participé à une cinquantaine de représentations forçant le respect par son talent dans cet art difficile. Championne au festival Malek-Bouguermouh où elle a ravi la première place aux troupes engagées avec à la clé des distinctions décernées aux comédiens dont Mezine Kamel et Kassouri Chafiaâ, elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les déplacements, la restauration et la logistique sont pris en main par le village qui ne lésine sur aucun effort pour satisfaire les moindres caprices de ses artistes dont la chorale est championne de wilaya. Le club sportif amateur créé en 1992 est lui aussi source de plusieurs satisfactions. Il a produit dans les arts martiaux d’authentiques champions qui honorent le village à l’image de Raâb Abdelkader, Raâb Saïd, Raâb Nouara, Raâli Saïd, Amad Azouaou. En full contact et en sus de dix ceintures marron et deux ceintures noires, Ouchène Saïd a été sacré champion national. La participation aux tournois de football même aux moments forts du terrorisme est couronnée de victoires et de trophées de fairplay. Mais comble de l’ironie ces deux associations n’ont pas reçu la moindre subvention depuis leur création, soulignent Mezine Lounis et Bessas Makhlouf, membres des deux associations en dépit des résultats et des programmes d’activités. Là encore c’est le village qui prend en charge tous les frais des deux associations.

Entre espoir et désespoir.
Tout comme durant la Révolution, le village continue à se sacrifier pour améliorer le cadre de vie des villageois. Pourtant si l’Etat veux bien se rappeler de leur existence il suffit de peu, d’autant que le terrain, lui, a été largement défriché. Une intervention pour booster les projets en souffrance et relancer ceux qui sont encore au stade de réflexion permettront peut-être de diluer les suspicions. Les villageois évoquent pêle-mêle la réfection d’une conduite d’AEP sur 600 m dont les eaux colorées constituent à terme un danger pour la population, un réservoir d’eau, une infrastructure culturelle pour les jeunes, la dotation de la bibliothèque en livres et quelques menus projets. Les citoyens tirent cependant la sonnette d’alarme sur le danger imminent qui menace leur village miné par un vieux glissement de terrain qui s’est réveillé l’hiver dernier. Par le passé des bâtisses se sont écroulées au grand dam de leurs propriétaires et aujourd’hui les pouvoirs publics ne délivrent plus de permis de construire sur la zone rouge bien en vue sur la carte de géographie du village et qui ne cesse de s’élargir dangereusement. Les cinquante bénéficiaires de l’autoconstruction qui ne disposent pas de terres en dehors de la zone incriminée se sont vu signifier une fin de non-recevoir à leurs dossiers en vertu de la nouvelle loi. Une situation pénalisante à plus d’un titre et qui interpelle les autorités. Pour conclure, nos interlocuteurs frustrés de ne pas bénéficier de l’attention voulue de la part des pouvoirs publics accusés de ne s’intéresser à eux qu’à l’occasion des échéances électorales où ils ne sont perçus, selon eux, que comme de simples bulletins de vote, attendent des jours meilleurs. De guerre lasse ils ont oublié que l’État existe. “Ainsi l’ont voulu les autorités locales”, s’insurgent-ils dépités.


.Salem Hammoum.
.Le soir d'Algérie, Mardi, le 30 Août 2011. / Le lien de l'article.
Lire le livre.



Lettre d’un citoyen du village Ait Said.
 
Azul fellawen a khwali.
Tout d’abords je tiens à vous féliciter pour votre site. Je trouve qu’il est généal. Et je vous encourage bien fort.
J’étais très surpris en lisant l’article sur « Iguersafen et la Révolution », le paragraphe « vie d’errance » ou vous rendiez hommage aux villages qui avaient accueillis les vôtres lors de leur évacuation, durant la révolution. Vous précisez à coté du village Ait Said qu’il s’agit de celui de la région d’Ifigha. Et plus loin vous parlez de deux villages qui avaient chassé ces réfugiés. Le village Ait Said d’Ifigha s’appelle en réalité Ait Isâad

Ce paragraphe prête à confusion. Il suggère, ainsi, que l’un de deux villages à vous avoir chassé, n‘est autre que le village Ait Said de la commune de Bouzeguène.
Je vous pris de rendre justice à notre village et à nos parents qui avaient accueilli les vôtres, pendant les moments tragiques de notre révolution.
Je voudrai apporter ma contribution pour rétablir la vérité, car je pense que votre bonne foi a été abusée.

   Sachez, d’abords, que notre village avait accueilli, à coté de ceux que vous avez cité, beaucoup de réfugiés de votre village, lors de sa destruction. Preuve en est, que nous entretenons toujours des relations très fortes avec les personnes qui avaient vécu chez nous, jusqu'à l’indépendance. Avec le concours de ma mère, je vous cite quelques noms et vous devriez vous rapprocher d’eux pour confirmation.
Ourdia (femme d’Ouhedouch) qui a pour fils Larkhdar et Boussad (pour l’anecdote : celui là était né dans notre village et on lui avait donnait le nom d’un des enfants de cette maison de refuge, qui n’est autre que Boussad de l’APC de Bouzeguène que tout le monde connaît. (Vous comprenez que nous, les Kabyles, ne retenons pas souvent les noms, mais beaucoup plus les prénoms), Cette vielle, donc, qui garde toujours sa fraîcheur et qui reconnaît tous le monde, je l’ai rencontré chez un cousin lors d’une fête, cet été. Elle avait habité, avec sa famille, chez les parents de la femme de ce cousin jusqu’à l’indépendance. Elle revient très souvent à Ait Said ou elle passe beaucoup de temps.
Je vous cite Hadja Ourdia, que dieu ait son âme, c’est la femme de l’oncle à Mohand Aberkane. Celle là avait vécu chez nous et après l’indépendance on continuait à entretenir de très bonne relation, elle passait souvent, jusqu’à un mois chez ma mère. On ne peut jamais avoir un événement (décès ou mariage) sans qu’elle ne soit conviée, et chez nous elle se comporte comme la maîtresse de maison. Moi-même je lui rendais visite chez elle à Azazga, avant son décès. Je lui lisais souvent le livre de Mouloud Mammeri « L’Opium et le Bâton », Elle me disait que c’était l’histoire exacte de votre village.
Je peux vous citer aussi Dahbia, elle est venu cet été, rendre visite à ma mère comme elle le fait presque souvent.
Sachez aussi que la maison de mon grand père avait été incendiée (sauvée de justesse) par les Paras, car elle servait de refuge à Arezki Ait Elmessaoud (frère de ma Grand-mère Taous Ait Lmessaoud) et ses compagnons.
Toutes les familles de notre village avaient accueilli les vôtres et la majorité d’entre elles entretiennent encore de bonnes relations entre elles.
Mon souhait est que nous, les jeunes de l’époque, puisque maintenant nous ne le sommes plus, perpétuons cette tradition. Puisse dieu que la nouvelle génération s’intéresse un peu plus à notre histoire et à nos us et coutumes.


.Vendredi 26 septembre 2008
.Le lien de l'article


Aït Menguellet hôte du village Iguersafène


L’icône de la chanson kabyle, Lounis Aït Menguellet, a été jeudi dernier l’hôte du village Iguersafene à l’invitation d’un citoyen de cette localité de l’extrême est de la wilaya de Tizi-Ouzou. Durant les quelques heures qu’a duré sa visite qui fut loin de passer inaperçue, l’enfant d’Ighil-Bouamas a mesuré toute l’aura et le respect dont il jouit dans cette région pittoresque de la Kabylie où il fait bon vivre de par sa proximité avec le massif forestier de l’Akfadou qui inspirera très certainement ce poète adulé des Kabyles.
Sa visite, une première dans cette région du pays, selon des indiscrétions, a en effet été très appréciée par les habitants qui lui ont réservé un accueil chaleureux. Lounis Aït Menguellet, qui fut très entouré durant sa visite, n’a pas manqué de faire un émouvant pèlerinage à l’imposant musée de ce village historique qui compte 99 martyrs et une cinquantaine de moudjahidine encore en vie. Tout comme il sera réceptif aux explications sur la gestion d’Iguersafène dont l’organisation sociale constitue un modèle (informatisation de la gestion, bouches d’incendie dans chaque quartier, gestion de l’AEP...). Le chantre de la chanson kabyle s’est également fait un plaisir de s’entretenir avec les membres de la très active association culturelle Tagmi qui recèle l’une des troupes théâtrales les plus performantes de Kabylie. Selon enfin les citoyens, Aït Menguellet ,qui a reçu comme cadeau symbolique une superbe photo d’Iguersafène, a promis de revenir bientôt. Pourquoi pas à l’occasion du 49e anniversaire de l’incendie de ce village par l’armée coloniale qui sera célébré le 4 décembre prochain.

.Salem Hammoum
.Mardi le 12 septembre 2006
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